2015 octobre - décembre

Vu du ciel
EXPOSITION

accès)s( 2015
Centre d'Art du Bel Ordinaire (Billère - Pau)

Nous parcourons le monde, nous le regardons vu du ciel depuis plus d’un siècle à bords de nos avions, avec autant d’émotions et de surprises que chaque vol nous procure. Et depuis une décennie, nous dévalons la terre entière d’une carte à une autre via Google Maps et Google Earth. Percevant de l’oeil numérique de nos écrans, nous regardons le monde différemment. Aujourd’hui plus que jamais, les drones envahissent notre espace aérien, ces nouvelles caméras volantes pilotées à distance, capables de parcourir des kilomètres, de revenir seules au point de décollage et de regarder ou encore de rêver à notre place. À cet imaginaire résolument moderne, à cette emprise de l’histoire des techniques aériennes, nombre d’artistes se sont laissés emporter au gré des vents et des instruments. Les machines volantes, les drones, dotés de caméras dociles, blindés d’électronique, offerts aux techniques de transmission et livrés aux puissantes technologies numériques ouvriront-ils de nouvelles voies pour la création ? Comment les artistes inventent-ils un autre regard sur notre terre depuis le ciel de nos légères machines bourdonnantes ? Pouvons-nous espérer une culture technique, une pensée technologie, qui inverserait à nouveau notre regard ? Avons-nous encore quelques brèves années avant de nous soumettre aux drones made in Google, Apple, Bill et les autres ? Sommes-nous prêts à percevoir depuis ce nouvel oeil à distance dont il nous faut apprivoiser l’histoire militaire et les milliers de morts civils sur des champs de bataille distants de milliers de kilomètres des centres de pilotage sécurisé ? L’édition 2015 du Festival accès)s( invite les artistes à expérimenter cette vue du ciel, à réinventer pour nous les formes artistiques d’un des plus vieux rêves de l’homme, là, sur notre territoire dont l’histoire aéronautique est emblématique. Cette nouvelle édition est dédiée à l’imaginaire aérien et à ses machines auxquelles nous nous attachons le temps d’une exposition et de son festival.
Agnès de Cayeux, commissaire invitée


A.V.I.O.N.
Dinah Bird & Jean-Philippe Renoult

Installation sonore - 2015

Un récent rapport de la FAA (administration de l’aviation américaine) établit qu’un passager, à partir de son smartphone, de sa tablette ou bien de son ordinateur peut compromettre la sécurité d’un avion en faisant planter ses systèmes de navigation ou en modifiant certains des paramètres. Le rapport cite une seconde crainte potentiellement plus dangereuse encore : le piratage à distance. Puisque ces avions sont connectés à des serveurs via Internet, leurs systèmes sont faillibles et le crash volontaire possible. C’est à partir de ce constat et en écho à la surmédiatisation liée aux récents crashs aériens, que le projet prend racine.

A. V. I. O. N. est un programme de hacking aérien permettant de capter les ondes utilisées par l’aviation civile et militaire, donc d’intercepter les flux de communication entre la tour de contrôle et les pilotes en vol. A partir de cette matière, Jean-Philippe Renoult et Dinah Bird procèdent à une sonification des données de navigations. A. V. I. O. N constitue alors un synthétiseur musical d’un nouveau type. Sur une partition de hacking, les artistes ajoutent d’autres sons collectés lors de leur résidence à Pau, à bord des avions de l’Aéroclub du Béarn et à l’Aéroport de Pau : sons d’avions, d’aéroport, au plus près comme au plus loin des moteurs, des hangars, des postes de pilotage, des postes contrôle, des radars et des simulateurs de vols. Ainsi ils créent une dramaturgie sonore de l’exposition qui se se construit en 3 temps : le vol, le brouillage et le crash.

La composition est diffusée dans l’espace d’exposition par le biais d’enceintes directives infra-soniques. Les visteurs, eux, munis d’une des dix radios-manivelles proposées librement, interagissent avec la composition, et complète le dispositif de leur déambulation sonore.

Production accès)s( avec le soutien du CNC / DICRéAM. Remerciements : Marie Le Cam, Sylvain Azarian, Romain Colautti, Alice Lewis, Benjamin Cadon.

 

NY
Anonyme

Photographies - 1956
Ces photographies ont été prises des hauteurs de New-York quelques années avant la construction des Twin Towers, un demi-siècle avant ce choc mondial du 11 septembre 2001. Ce jour précis de septembre 2001 qui a signé notre entrée dans ce web du temps réel, celui de la saturation des données et des flux incessants de l’information, avant twitter, avant facebook. Ici nous regardons un ciel à qui il manque des buildings, la part d’ombre d’une ville et cette absence dans l’image.

 

Minecraft before Bill
Anonyme

Machinima - 2015
Minecraft before Bill est le survol infini des territoires de Minecraft, ces îles programmées pour émerger aléatoirement. Sols arides, banquises ou forêts de cubes. Il faut 15 années pour atteindre les limites de l’algorithme de Minecraft, en volant juste au dessous des nuages cubiques et blancs de la plateforme traversée par des millions de persos. Au-delà, en cette carte infinie, il existe les Far Lands, sorte de bugs kafkaïens. Ceux qui atteignent ces mondes mystérieux peuvent mourir dans le vide, bloqués par un mur invisible. Ici, nous découvrons seulement 1 heure et 1 minute et une seconde et une image de ce regard vu du ciel.


Flight Assembled Architecture
Raffaello D’Andrea (Suisse), Gramazio & Kohler (Suisse)

Vidéo, maquette, drone - 2011

Appartenant à cette jeune génération d’architectes exploitant les outils numériques dans la conception et la construction architecturale, Gramazio & Kohler s’associent à l’ingénieur Raffaello D’Andrea, dont le travail concerne l’étude algorithmique et la mise au point de systèmes autonomes innovants.

Ensemble, ils conçoivent Flight Assembled Architecture, première installation entièrement réalisée par des robots volants. Elle se présente sous la forme d’une structure architecturale à l’échelle d’un « village vertical » de 6m de hauteur et de 3,5m de diamètre, constituée de 1500 modules de mousse polystyrène préfabriqués. Les drones sont programmés pour interagir, saisir, transporter et assembler des modules jusqu’à ériger cette structure architecturale.

Collection FRAC Centre

 

 

 

Metadata
Josh Begley

Impression des alertes émises depuis 2002 sur application Iphone - 2014
« Il y a une application pour cela » est le slogan que la firme Apple a trouvé pour envahir l’imaginaire de nos écrans de poche.

L’application de l’artiste Josh Begley recense les victimes civiles des frappes de drones américaines au Pakistan, au Yémen et en Somalie. Metadata nous alerte en temps réel de ces blessures et ces morts. « Je voulais jouer sur l’idée des notifications et de la technologie du “push” (. . ) Je pensais qu’atteindre les poches des utilisateurs américains de smartphones et les déranger avec ces histoires de drones pourrait être un moyen intéressant de faire émerger le débat. »

Conçue en 2012 et refusée par Apple durant deux années, l’application est téléchargeable depuis février 2014. Les sources d’informations relatives à ces frappes sont issues du Bureau of Investigative Journalism.




QUELQUES CAPTURES VIDEOS

EXPOSITION


A.V.I.O.N.

Dinah Bird & Jean-Philippe Renoult

A.V.I.O.N.


NY


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Minecraft before Bill



Oh my drone ! Salle 2, Centre d'art du Bel ordinaire

 


Minecraft before Bill & Bit Plane


 

A.V.I.O.N.

 

 



Composition for a drone



Flight Assembled Architecture

 


Flight Assembled Architecture



Flight Assembled Architecture



Composition for a drone



Composition for a drone



Du ciel de nos écrans

 


Apple II



Atari2600



Texas Instruments



Dispositif Empty Room